Le bioclimatisme : une alternative éco durable incontournable…
L’architecture bioclimatique est aussi vieille que l’humanité, et nos ancêtres, dès qu’ils ont su s’extraire des cavernes, ont appris empiriquement à exploiter les ressources naturelles pour accroître le confort de leurs habitations.
Aujourd’hui, en raison des problèmes environnementaux, dus notamment à l’utilisation abusive des énergies fossiles, on cherche à optimiser les intérêts écologiques, à lutter contre le phénomène de réchauffement climatique, et donc à éviter les gaspillages énergétiques, notamment dans les bâtiments, tout en y conservant le confort idéal.
L’architecture bioclimatique apparaît alors comme une alternative éco durable incontournable. Même si elle peut sembler désuète par sa simplicité, ou parce que son contenu séculaire passe pour n’avoir rien inventé de plus, elle tire cependant son succès du bon sens terrien dont elle charge désormais ses réalisations.
En utilisant au mieux des sources naturelles de chaleur, de lumière ou de fraîcheur, elle permet à ses éco constructions de réduire au minimum leur perte grâce au choix de l’emplacement du terrain, de l’implantation du bâtiment, de son orientation et de matériaux d’isolation naturels et performants.
Dans l’ensemble des pays de la Communauté Européenne, on procède actuellement à une révision des codes et normes techniques d’édification dans le dessein d’obtenir une meilleure isolation des bâtiments et éviter ainsi les énormes pertes de chaleur qui se produisent encore dans les constructions modernes.
Construire une maison selon les critères bioclimatiques apporte à ses occupants de grands avantages économiques, car cela réduit ou rend inutile l’utilisation de climatiseurs, et par conséquent diminue les dépenses énergétiques, donc financières.
Ecologiquement idéale, la maison bioclimatique éco durable devient parfaitement irréprochable lorsqu’elle se complète par l’utilisation de diverses sources d’énergies renouvelables, qui lui confèrent, dans ce cas, une autonomie quasi complète et indéfinie, pour la couverture de ses besoins énergétiques.
Une démarche bioclimatique se développe toujours sur trois axes qui permettront au futur bâtiment de capter la chaleur, de la diffuser et de la conserver. L’architecture bioclimatique a la délicate charge de trouver un équilibre entre ces trois exigences, sans jamais en négliger aucune.
Synthétiquement, une éco construction réalisée selon le concept du bioclimatisme met en œuvre la synergie des ressources naturelles suivantes :
• L’architecture solaire passive, qui tire parti au maximum de l’énergie provenant du soleil, et qui pénètre directement à l’intérieur de la maison par ses fenêtres. C’est aussi pour cela que lors de la conception du projet, l’emplacement et l’orientation des ouvertures sont d’une importance capitale.
• L’isolation des murs, par l’utilisation de matériaux performants, naturels, sains et éco durables, permet de réduire les pertes de chaleur par les façades. Quant à la chaleur apportée par l’énergie solaire passive, elle est retenue à l’intérieur de la maison. C’est essentiellement pour cela qu’un accent particulier est porté sur la qualité des isolants, car en été, dans les régions chaudes ceux-ci permettent de conserver une température plus fraîche à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est aussi la raison pour laquelle il faut isoler conséquemment les parois, les planchers et les toitures. Pour être efficace, de préférence, cette isolation recouvrira toute la maison par l’extérieur, évitant ainsi les phénomènes de ponts thermiques.
• La nature des murs et leur épaisseur est aussi un facteur important. En servant de masse thermique, ils aident à adoucir les températures à l’intérieur des maisons, dans les climats extrêmes. C’est pourquoi l’utilisation de matériaux perspirants comme le bois massif, dont les qualités et les vertus ne sont plus à démontrer, s’inscrit dans une parfaite démarche d’éco construction. Le mur en bois massif, par sa masse et l’adjonction d’un isolant en fibres naturelles, devient alors un matériau incontournable, qui pourra absorber, par inertie, une quantité d’énergie importante. Ce mur capteur ainsi réalisé, restituera durant la nuit une grande partie de l’énergie qu’il aura captée le jour, devenant pour le coup le véritable radiateur de la maison.
• Par la disposition adéquate, des pièces, des murs et des espaces, il est possible d’obtenir une circulation de l’air par convexion naturelle. Les pièces, qui reçoivent la chaleur, la restitue directement vers celles qui en sont privées. A contrario, en période estivale, il est possible d’obtenir des courants d’air qui rafraîchissent la température de la maison.
• L’implantation sur le terrain est, elle aussi, très importante. L’exposition au vent, à la radiation solaire, a un rôle non négligeable sur le confort des occupants. En montagne, ou dans le Nord de la France, ces derniers rechercheront plutôt une orientation ensoleillée et protégée des vents, alors que dans les régions plus chaudes, au climat méditerranéen, par exemple, son orientation sera ombragée et plus exposée à la brise. Par ailleurs, les pièces annexes seront idéalement placées au nord (façade fermée) et les pièces de vie côté sud (façade ouverte), et la végétation plantée autour de la maison aura aussi un rôle à jouer, comme des haies brise-vent, ou des conifères au nord, et des feuillus au sud.
• Une maison bioclimatique est un éco bâtiment dans lequel le chauffage et la climatisation sont pensés, calculés et réalisés en tirant le meilleur parti des énergies naturelles que sont le rayonnement solaire, et la circulation de l’air.
• Ses concepteurs chercheront le rapport de convenance optimal entre l’habitat, le comportement des occupants et l’environnement. Cette adéquation aura pour finalité de réduire au maximum les besoins de climatiser l’habitat, mais pas seulement, car elle visera surtout un équilibre harmonieux entre la construction de l’habitat, son biotope, et les modes et rythmes de vie des occupants.
• Généralement, lorsqu’elle conçoit des projets en éco constructions, l’architecture bioclimatique, met en œuvre le bois massif comme matériau principal. Celui-ci possède naturellement des qualités qui lui permettent de réduire les besoins énergétiques, de maintenir des températures agréables, de contrôler l’humidité et d’assainir l’atmosphère par ses essences balsamiques.
Dans un pays comme la France, l’architecture bioclimatique en éco construction permet la réalisation de maisons individuelles et de bâtiments qui se suffisent à eux-mêmes, uniquement grâce à l’apport du rayonnement solaire, pour fournir plus des deux tiers de leurs besoins de chauffage.
On le comprend mieux à présent, une maison bioclimatique se caractérise par des ouvertures de grandes dimensions au sud, mais très peu, voir pas d’ouvertures, au nord. Les surfaces vitrées sont importantes, car la quantité d’énergie (solaire) qui traverse doit suffire à chauffer la maison.
Ici, il convient de souligner l’importance de la qualité des verres de ces ouvertures. Le verre, comme chacun le sait, laisse passer la lumière, mais absorbe les infrarouges et va, en conséquence, piéger la chaleur du soleil à l’intérieur de la maison. Grâce l’effet des surfaces opaques à l’intérieur de l’habitation, une partie de la lumière du soleil sera, elle aussi, convertie en chaleur. Lorsque cette énergie sous forme d’infrarouges va tenter de ressortir, un vitrage de bonne qualité, va l’absorber et la réémettre en partie vers l’intérieur de la maison.
Par ailleurs, compte tenu de l’intensité du soleil levant et du couchant, en fonction de la localisation géographique des régions d’implantation, les ouvertures à l’est et à l’ouest seront moins nombreuses ou moins dimensionnées qu’au sud, mais surtout mieux abritées. C’est pourquoi il est intéressant de protéger ces vitrages par des volets, des avancées de toiture calculées en conséquence, ou des brise-soleil extérieurs horizontaux, dimensionnés de manière à bloquer le rayonnement solaire direct en été, mais pas en hiver.
Une telle maison bioclimatique, sous nos climats relativement tempérés, peut ne pas nécessiter de système de chauffage central. Dans ce cas, un simple chauffage d’appoint est fourni par un système ponctuel, tel qu’un insert ou un poêle à bois.
