La Conférence de Copenhague sauvera-t-elle l’industrie du bois ?
Selon la Revue annuelle, 2008-2009, du « marché des produits forestiers » publiée ce jour par la CEE-ONU et la FAO, la crise économique aurait durement frappé le secteur des produits forestiers dans la région CEE-ONU où se situent 42% des forêts mondiales.
Forte de ses cinquante-six pays, cette région est le plus grand producteur (60%), consommateur (57%), exportateur (77%) et importateur (70%) mondial, de produits forestiers et de papier.
Après les niveaux record de consommation, atteints en 2006 dans la région, tous les indicateurs ont légèrement baissé en 2007, puis ont carrément chuté en 2008 ainsi qu’au premier semestre de 2009. En 2008, la consommation totale de produits forestiers dans la région CEE-ONU a diminué de 8,5%, une baisse jamais vue en moyenne annuelle depuis le premier choc pétrolier de 1973.
Quant à la production, directement dépendante de la demande, elle a par conséquent diminué, entraînant la fermeture de nombreuses scieries.
Cette tendance est principalement due à la chute marquée de la construction de nouveaux logements en Amérique du Nord, principalement aux USA et en Europe. Aux Etats-Unis, selon une étude prévisionnelle de mai 2009, diligentée par « The Engineered Wood Association », les mises en chantiers, qui avaient atteint le pic de 2,2 millions de logements en 2006, ont chuté de 25% en 2007, puis de 34% en 2008 et devraient diminuer encore de 50% en 2009.
En Europe, une prévision établie en janvier 2009 par le cabinet Euroconstruct signale que la construction de logements a diminué de 13,9% en 2008, et évalue une baisse similaire pour 2009.
En revanche, dans les pays de la CEI, la construction de nouvelles maisons a continué à augmenter en 2008, mais à un rythme inférieur de moitié aux 10% de croissance enregistrés en moyenne annuelle pendant la période 2001-2007. En Russie par exemple, malgré un poids encore faible dans le total des logements, les logements en ossature de bois se développent rapidement et ont triplé au cours des dix dernières années.
L’industrie du papier, pour sa part, continue de s’enfoncer dans la crise, et la production en Europe et en Amérique du Nord a diminué de 17% en 2008.
Cette baisse de la demande a poussé les industriels du bois et du papier à réorganiser leur production. C’est ainsi que de nombreuses scieries ont été définitivement fermées et que les propriétaires fonciers ou les gestionnaires de forêts ont réduit leurs récoltes, se tournant vers d’autres marchés.
Le secteur forestier attend beaucoup de la Conférence des Parties sur le changement climatique qui se déroulera à Copenhague en décembre 2009, notamment la reconnaissance officielle de l’importance du rôle des forêts dans l’atténuation des effets du changement climatique.
Il entend aussi développer, mieux encore, la source d’énergie que constitue le bois. Ces professionnels misent en effet sur cet essor en escomptant – prétendent-ils – qu’il aidera les pays à atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de Carbone. Notons au passage que cette stratégie, battue en brèche par certains écologistes et scientifiques, considère que le CO2, libéré lors de la combustion du bois, était jusqu’à présent stocké dans les arbres au cours de leur vie. Selon elle, les émissions, provenant de la combustion dudit bois, seront capturées lors de la pousse de nouveaux arbres. C’est à vrai dire un peu simpliste comme théorie dans la mesure ou aujourd’hui, l’on a tendance à n’incriminer que le CO2, en oubliant la kyrielle de tous les produits hautement toxiques contenus dans les fumées de combustion du bois.
(sources : Engineered Wood Association )
