Du bois pour l’Hôpital
Le nouvel « Etablissement de santé pour enfants et adolescents » de la région nantaise (Esean), est, avec son bâtiment de 6 600 m2 SHON, le plus grand édifice en bois, dédié à la santé, d’Europe.
Le bois est en effet présent partout, dans les façades, mais aussi dans l’ossature (BLC) et les parements intérieurs. De l’avis de Laurent Rossez, directeur de l’agence Cert d’Angers, en charge des études structurelles, la plus grosse difficulté a été de faire admettre aux autorités sanitaires la mise en œuvre du Douglas et de l’épicéa, deux essences sélectionnées pour leurs vertus aseptisantes.
Car, souligne-t-il : « …Bien que rien ne s’oppose à l’utilisation du bois en milieu hospitalier, les préjugés sont encore tenaces dans l’administration…C’est en fait l’existence d’un précédent en Ontario qui a eu raison des inquiétudes. »
Son cabinet pourtant, avait préalablement développé un solide argumentaire technique en faveur du bois. Et Laurent Rossez reconnaît que : « Le côté éco responsable, les performances thermiques, la tenue au feu des planchers mixtes, les fumées non toxiques, la valorisation du savoir-faire local hérité de la construction navale, tout cela avait été pris en compte dès les premiers contacts. »
Le bâtiment, dotée d’une structure mixte bois-béton est beaucoup plus léger que s’il avait été construit tout en béton, comme à l’accoutumé. Du coup, ses fondations ont été, elles aussi, notablement allégées, donc moins onéreuses.
Le système constructif (SBB) mis en œuvre trouve sa solidarisation grâce à des connecteurs métalliques bois-béton, qui autorisent des portées de dalles allant jusqu’à dix-huit mères, permettant la réalisation de planchers composites. Outre le gain pondéral, ces planchers offrent une stabilité au feu de 30 minutes, ce qui est un réel atout dans un établissement conçu pour accueillir des jeunes patients.
Le maître d’œuvre a pris le parti de laisser le bois apparent dans les chambres, les salles de repos et les espaces de vie en général, l’idée était d’offrir aux occupants un cadre de vie sain, et respectueux de l’environnement.
On notera que la préfabrication, en usine, de nombreux gros éléments, a permis d’économiser plus de 50% de temps par rapport à un chantier traditionnel identique, réduisant d’autant son budget d’exécution. Cet établissement d’un coût global de treize millions d’euros n’a été réalisé qu’en vingt-deux mois…Une gageure !
(sources : Le Moniteur)
