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PostHeaderIcon Calculs d’isolation BBC, et … vol du bourdon !

En 1934, l’entomologiste français Antoine Magnan conclue, après l’avoir longtemps étudié, que «leur vol [celui des bourdons] est impossible ».
On ignore pourtant qui de Ludwig Prandtl ou de Jacob Ackeret (tous deux éminents physiciens nés en 1875 et 1898), avait commencé à étudier le vol de cet étrange insecte.

D’après les calculs aérodynamiques, la surface alaire du bourdon et le nombre de battements d’ailes que celui-ci effectue, ne peuvent parvenir à soulever son lourd et volumineux corps.
Et pourtant… il vole !
On a récemment découvert que contrairement aux insectes équipés d’ailes, et qui se servent de celles-ci pour voler et pour planer, le bourdon utilisait les siennes à la manière d’un hélicoptère. La forme et le nombre de leurs mouvements crée une dépression qui « aspire » littéralement l’insecte.
Ce n’est donc pas, comme le prétendent certains, par sa seule force d’esprit et de caractère que le bourdon peut voler (ceci aurait d’ailleurs été encore plus étonnant).

Mais pourquoi parler du bourdon ?
Tout simplement pour démontrer qu’il existe la théorie, et la pratique ; entre les deux : l’observation. On peut décider d’observer la mise en application scientifique de la théorie dans un laboratoire, ou bien (et c’est souvent le plus compliqué) d’aller sur le terrain.
C’est la même chose en ce qui concerne l’isolation des bâtiments.
Et je veux en venir à ce fameux label Effinergie© BBC, sésame des sésames décerné aux bâtiments dont la consommation d’énergie primaire est inférieure à 50 KWh/m²/an.

On trouve toute sorte de valeurs « réglementaire » pour la construction d’un tel bâtiment. A priori, le R des murs devrait être compris entre 3.2 et 5.5 m².K/W… Celui du toit entre 6.5 et 10 m².K/W.
J’ose une simple question : « comment, en se basant sur des résistances thermiques de parois d’un bâtiment, va-t-on pouvoir calculer qu’il consommera moins de 50 KWh/m²/an ? ».
La réponse tient en partie à la conception générale du bâtiment en question : orientation, apports du soleil, etc. « En partie » seulement, car du reste les autres calculs demeurent assez mystérieux et théoriques.
C’est un peu le même principe qu’au ski, lorsque vers midi l’on déchausse pour déjeuner dans la neige… Je ne connais personne qui à ce moment là, garde son bonnet, ses gants, etc. On en profite même pour remonter ses manches pour se bronzer un peu les bras !
Et le thermomètre indique pourtant -5°C…

J’en viens au point de mon article, en relation directe avec les épaisseurs d’isolants nécessaires pour une construction BBC.
Il existe différentes gammes Effinergie© : à partir d’une haute performance énergétique (HPE) jusqu’à BBC, puis Minergie voire BEPOS (Bâtiment à énergie positive).
A chaque fois, l’instruction du dossier Effinergie© prend en compte les épaisseurs d’isolants, les Uw (en W/m².K) calculés, etc.
Et pourtant je discutais hier avec un autrichien qui me disait que le R des murs des maisons qu’il construit tourne autours de 3 ou 3,3 m².K/W… et que ses clients consomment moins de 50 KW/h/m²/an d’énergie primaire (chauffage, lumière, eau chaude sanitaire)…
Mieux ! Il n’isole pas… Il se contente de panneaux de bois massif pour parvenir à ces performances !
En théorie, et d’après les tests en laboratoire, cela est impossible. Mais voilà : la nature n’est pas un laboratoire. Il faut tenir compte du vent, du soleil, de la pluie, de l’hygrométrie, etc.
Evidemment, ces maisons n’ont pas de labels qui prouvent leur contribution à la sauvegarde de l’environnement, et c’est bien dommage.

Encore une fois, sur le vieux continent le bois reste un matériau que le béton ou la brique ont réussit à faire oublier.
Et pourtant… il isole !

crédit photo : Richard Bartz, Munich

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