Un grand chantier écologique
Le fluvial ne représente que 3% des transports de marchandises en France, contre 12% en Allemagne, 14% en Belgique et 30% aux Pays-Bas.
Dans le Nord de la France, les routes, dont la nationale 31 surnommée « route du blé », qui traverse d’Est en Ouest la région Champagne-Ardenne, et les autoroutes telle l’A1, dont la voie de droite est constamment occupée par une file ininterrompue d’énormes et dangereux attelages, révèlent aujourd’hui, à force de lobbying, la trop grande place accordée au fret routier.
Conscient de cette gabegie environnementale, visionnaire, l’ex-président de VNF – François Bordy – constatait de même, il y a près de quinze ans déjà, que 70% des échanges intercontinentaux réalisés par conteneurs pour les régions Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Haute-Normandie transitaient par les ports du Benelux et des centres logistiques de distribution essentiellement concentrés aux Pays-Bas et en Flandre. Il fut dès l’heure, l’infatigable promoteur de l’autoroute fluviale « Seine-Nord Europe ».
Sombré dans des cartons, ce programme a récemment été Boosté par le Grenelle de l’environnement. C’est ainsi que, sous la houlette du ministre du développement durable, lui-même soutenu par son collègue Eric Besson et par Bercy dans le cadre du plan de relance gouvernemental, il va enfin voir le jour.
Il s’agira là d’un chantier exemplaire car – si l’on excepte les lignes TGV – cela faisait bien longtemps que la France de s’était lancée dans des travaux d’infrastructures de cette ampleur.
La réalisation de cette voie navigable, évaluée à cinq milliards d’euros, permettra de relier l’Île-de-France au Nord de l’Europe, transformant ce canal en un véritable outil d’aménagement du territoire.
Grâce à sa capacité d’accueillir des convois qui pourront transporter jusqu’à 4 500 tonnes (soit l’équivalent de 185 camions) d’un seul trait, cet axe de transport écologique devrait capter quelques 500 000 poids lourds par an en les détournant du réseau routier.
Alors que les projets de ferroutage s’enlisent et patinent lamentablement, c’est incontestablement un grand pas en matière de politique publique qui vient d’être franchi. Cet outil, dont on nous dit qu’il sera en ordre de marche à la fin de l’année 2015, sonnera le glas de la tendance du « tout-routier » dans le trafic de marchandises.
Quelques chiffres du Canal Seine Nord
Largeur = 54 mètres
Profondeur = 4,5 m
« Tirant d’air » = 7 m
Emprise au sol de l’infrastructure = 1280 ha
Volume des remblais = 55 millions de m3 dont 30 seront affectés pour d’autres constructions
Incidence écologique = une économie de 70 000 tonnes d’équivalent pétrole par an
(sources : www.vnf.fr www.developpement-durable.gouv.fr )
