PostHeaderIcon Le bois chic et choc

Bois coupé, forêt, troncs, originesCe soir, Envoyé Spécial sur France 2 consacrait une partie de l’émission à une enquête sur le bois.
De plus en plus utilisé dans les meubles, les parquets, les plans de travail, et même la construction, le bois est tendance, le bois est écolo, bref, tout le monde en veut ! Une fois le postulat posé, le reportage devait nous inviter à réfléchir à la question suivante “tout le monde en veut, mais à quel prix ?”.

Images chocs, arrestations musclées, “xylo-traficants” agrémentés de chaînes dorées, travailleurs miséreux, déforestation, et tant d’autres fléaux capitalistes arrosés de sauce Hollywoodienne nous furent présentés ce soir.
Pour les plus assidus du petit écran, les images rappelaient étrangement un reportage sur le trafic de bois en Amérique du Sud.
L’émission commence par ce commentaire de la voix off, annonçant qu’en France, 40% du bois serait issu d’importation illégale. Joli raccourci…

On ne cessera jamais de répéter que la forêt française est l’une des plus grande d’Europe occidentale. C’est en tous les cas celle qui a la croissance la plus importante. Et pourtant, les français exploitent leur bois ! Par exemple, en Gironde, malgré les vignes qui couvrent les cartes postales et les bouteilles de vin qui inondent les tables du monde entier, le premier secteur de l’économie est : le bois ! Toutes les régions exploitent leurs forêts. En France, c’est l’ONF (l’Office National des Forêts) qui est garant de la bonne gestion du parc. Depuis peu, l’ONF travaille avec le Pan European Forest Certification (label PEFC) pour attester de la bonne gestion des forêts (renouvellement, diversité, etc.). A l’heure actuelle, la majorité des forêts françaises sont en cours de certification.
Ce marché représente annuellement quelques 60 milliards d’euros… On voudrait nous faire croire que 14.4 Mds € appartiendraient à l’économie souterraine ?

Racoleur, le reportage nous présentait des brigades spéciales de police, traquant les trafiquants de bois, responsable de la déforestation de la forêt amazonienne. On nous dit même qu’au rythme frénétique atteint par le trafic, nos enfants ne connaîtront plus “le poumon de la planète”. On omet, comme toujours, de nous parler du rythme de croissance végétale de la biome : l’homme la détruit quelque part, elle repousse ailleurs.
D’ailleurs, au final, où va le bois coupé illégalement ? A la fin du reportage, la question demeure…

Loin de nier l’existence d’un marché parallèle du bois, je constate simplement qu’une fois de plus, la télévision nous nourrit d’une purée assipide, un gloubiboulga mélodramatique alarmant sur notre funeste destin… Sans chercher à voir plus loin ou à proposer de solutions.

Des labels existent aujourd’hui. Ils sont reconnus pour leur sérieux. Il s’agit du label PEFC et du label FSC, émanant plus directement de Greenpeace.
En plus d’y faire attention lorsque l’on achète du bois (c’est facile : l’étiquette du produit mentionne toujours le label, et à quelle proportion de bois utilisée dans le produit a été accordé le label), il faut raisonner simplement.
Avant de penser à préserver les forêts des coupes sauvages, pensons global, agissons local. A moins que vous n’habitiez tout près d’une forêt d’ipés, de cumarus, ou de red cedars (pour ne citer qu’eux), privilégiez les essences que vous pourrez trouver près de chez vous.
Cela réduira l’impact carbone de votre projet, tout en réduisant le risque d’avoir affaire à du bois de contrebande. Et si vous deviez toutefois choisir une essence exotique pour des lames de terrasse, un bardage, des menuiseries, … préférez toujours un bois labellisé, qui garantira le renouvellement de la forêt d’origine.

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